Respiration

L'apprentissage de Technique Alexander améliore significativement le fonctionnement respiratoire. Cette technique donne aux personnes atteintes de maladies respiratoires (asthme chronique, rhinites allergiques, BPCO, etc) des outils pour s'aider à améliorer leur équilibre postural afin de ne pas amplifier leurs difficultés.

L'efficacité ou le rendement respiratoires deviennent critiques dans le cas d'une affection. Malheureusement, les difficultés respiratoires chroniques sont généralement amplifiées par un équilibre postural inapproprié, c'est-à-dire un usage de soi contraire à la nature de notre structure musculo-squelettique. Ce déséquilibre postural provient de l'imitation non consciente du comportement postural de l'entourage depuis l'enfance et est renforcé par la manière de réagir de la personne (son adaptation) aux difficultés respiratoires qu'elle rencontre. Quelle que soit la cause de cette usage inapproprié, il peut être améliorer consciemment par la personne. L'équilibre postural étant comportemental, puisque impliqué dans les réactions de la personne et donc modifié à chaque instant, seule la personne pourra améliorer ce comportement grâce à un apprentissage. La technique Alexander donne des outils pour apprendre à améliorer son propre équilibre postural. Le fonctionnement respiratoire en est amélioré (voir l'étude ci-dessous) car la structure musculo-squelettique sera moins compressée et plus libre (en particulier la poitrine, les côtes se libèrent) et la réaction aux difficultés respiratoires sera meilleure. La Technique Alexander est donc utile pour aider la personne à ne pas amplifier elle-même ses difficultés respiratoires et donc pour améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de maladies respiratoires (voir le témoignage d'une personne atteinte de la BPCO à la fin de cet article).

F. M. Alexander et la respiration

F. M. Alexander a eu des problèmes respiratoires étant enfant qui ont continué jusqu'à l'âge adulte. Lorsqu'il récitait, il avait observé qu'il aspirait l'air avec un son haletant pendant l'inspiration et que ceci était accompagné d'une traction de la tête vers l'arrière et vers le bas. En permettant une tension plus naturelle des mécanismes musculaires reliant sa tête et le reste du corps, ses problèmes de gorge et de voix ainsi que ses difficultés respiratoires et nasales disparurent. Il a alors constaté qu'en ayant un meilleur usage de lui-même, il n'avait plus besoin d'essayer d'aspirer l'air avec effort mais que l'air rentrait tout seul, il écrivit alors "je perçois finalement que si j'arrête de me faire respirer, je me mets à vraiment respirer ("I see at last that if I don't breathe... I breathe"). Au début de sa carrière, Il a fait connaître sa technique par le fait qu'elle libère la respiration, si bien qu'il était surnommé "l'homme qui respire" ("the breathing man"). Les premières personnes avec lesquelles il a travaillé étaient des acteurs et des chanteurs qui souffraient de fatigue vocale, de respiration superficielle et d'asthme.

F.M. Alexander fait référence à une personne souffrant d'asthme avec laquelle il a travaillé dans son quatrième livre intitulé La constante universelle (The universal constant in living) :

" Je vais maintenant faire référence à un cas typique de personne souffrant d'asthme dont la manière de s'utiliser peut être décrite comme particulièrement néfaste. Un des résultats de cet usage était une direction inappropriée de la musculature du thorax et de la gorge de telle manière que l'acte ordinaire de respirer était plus ou moins entravé notamment pendant l'expiration; et pendant une crise d'asthme, l'effet néfaste de cette direction inappropriée s'intensifiait sensiblement. Ce type de direction inappropriée, quel que soit le type de cas, découle toujours d'une interférence avec le fonctionnement du contrôle primaire. Pour la personne considérée, cette interférence se manifestait par une traction inappropriée et nuisible de sa tête vers l'arrière et vers le bas ; la structure osseuse de son cou dans la région des muscles sub-occipitaux était bloquée alors que le la base de l'arrière du crâne était tirée vers le bas contre son col. La personne avait une lordose extrême, la poitrine était excessivement montée et le bassin projeté trop loin vers l'avant. Toutes ces éléments avaient tendance à réduire sa stature et à élargir de manière exagérée l'avant de la poitrine, causant une tension musculaire néfaste chez la personne et entravant sa mobilité. L'acte de respirer, même lors des crises d'asthme les moins intenses, menait à une exagération de cette façon de s'utiliser avec une tension musculaire accrue et, en conséquence, la sévérité de la crise était accentuée. Une tension musculaire extrême tend à induire une rigidité de la poitrine et un essoufflement "

La Technique Alexander permet de prévenir l'amplification des difficultés respiratoires générée par la personne elle-même.

Sur l'image suivante John Hutchinson (1811-1861), l'inventeur du spiromètre (qui permet de mesurer la capacité de respiratoire) montre "la position correcte du corps pour remplir la poitrine avant de respirer dans le spiromètre". L'image d'après montre la silhouette d'une jeune femme effectuant une test spirométrique de nos jours. Malheureusement, F. M. Alexander aurait pu choisir ces deux images pour illustrer les observations qu'il fait de la personne souffrant d'asthme (retranscrites au paragraphe ci-dessus) : la tête tirée vers l'arrière, une lordose extrême, la poitrine excessivement montée et le bassin projeté vers l'avant. De nos jours, ces silhouettes sont tellement conformes à ce que nous croyons être normal qu'elle passent inaperçues et pourtant elle révèlent un dysfonctionnement postural qui invariablement altère la capacité respiratoire et génèrent des troubles chroniques divers (troubles respiratoires, mal de dos, etc). Toute mesure spirométrique dans ses conditions ne peut pas mesurer la capacité respiratoire dont la personne pourrait jouir s'il elle utilisait aux mieux ses mécanismes posturaux. Tous les efforts son concentrés sur la capacité de la machine à mesurer les déficiences de la personne et non sur la capacité de la personne à améliorer son comportement postural dont dépend sa capacité respiratoire.

Un démonstration de l'utilisation de l'appareil spirométrique de Wintrich développé après Hutchinson ne fait pas apparaître une meilleure utilisation. Cette fois-ci la personne est assise mais s'utilise de la même façon que les personnes des 2 images précédentes. Tout ce passe comme si l'utilisation de la personne n'avait pas d'importance. L'appareil ne peut que confirmer ce qui est déjà observable chez la personne


John Hutchinson en 1844 représenté entrain de montrer la "position correcte pour remplir la poitrine avant de respirer dans le spiromètre pour mesure la capacité vitale des poumons"

Wintrich Spirometer, 1854

Silhouette d'une jeune femme effectuant test spirométrique de nos jours

Etude attestant de l'amélioration du fonctionnement respiratoire avec la Technique Alexander

Une étude1 scientifique publiée dans Chest Journal a montré que la Technique Alexander permet en effet d'améliorer le fonctionnement respiratoire.

20 personnes ont été réparties en 2 groupes :

- un premier groupe de 10 personnes qui ont pris 20 cours individuels de Technique Alexander (1 à 3 cours par semaine, un cours durant 35 à 45 minutes). Des mesures du fonctionnement respiratoire ont été effectuées avant et après les 20 cours de Technique Alexander (à 7 mois d'intervalle en moyenne)

- un deuxième groupe de contrôle de 10 personnes qui n'ont pas eu de cours de Technique Alexander. Des mesures du fonctionnement respiratoire ont également été effectuées avec ce groupe à 2 reprises à 7 mois d'intervalle en moyenne

Parmi les mesures du fonctionnement respiratoire (mesures spirométriques) effectuées, les mesures suivantes révèlent une amélioration significative du fonctionnement respiratoire après les cours de Technique Alexander (alors que les mesures effectuées dans le groupe de contrôle ne changent pas) :

  • Le Débit Expiratoire de Pointe (DEP)
  • La Pression Expiratoire Maximale (PEmax)
  • La Pression Inspiratoire Maximale (PImax)
  • la Ventilation Volontaire Maximale (VVM), c'est-à-dire le volume maximum pouvant être expiré par minute

L'augmentation du dépit expiratoire de pointe (figure 1), des pressions expiratoire et inspiratoire maximales après les cours de Technique Alexander traduisent une augmentation de la force musculaire respiratoire, tandis que l'augmentation de la ventilation volontaire maximale reflète une augmentation de l'endurance

Pour les personnes ayant pris des cours de Technique Alexander, le débit expiratoire de pointe augmente en moyenne de 45L/min ce qui selon les courbes normales est du même ordre que la variation de ce débit due à la taille de la personne. Le débit expiratoire de pointe dépend du sexe, de l'âge et de la taille. On peut voir sur la figure 2 que pour un certain âge, la DEP augmente de 45L/min environ avec la taille. L'augmentation apportée par les cours de Technique Alexander est donc du même ordre.

La réponse instinctive ,son adaptation posturale face a des difficultés respiratoire renforce ses difficultés respiratoire et altère son équilibre. Douleurs musculaires, comportement et déformations posturales et déséquilibre en lien avec les difficultés respiratoires

Publications of the correlations between :

neck pain and respiratory measurement

asthma and posture

COPD and posture

TA and respiratory measurement

posture (fwd head posture) and respiratory measurement with normal patients

En quoi l'étude peut elle intéresser les asthmatiques et les personnes atteintes de la BPCO? Pour améliorer la partie comportementale de la maladie. L'efficacité ou le rendement respiratoire deviennent critiques dans le cas d'un affection. De plus, En général, les asthmatiques ne réagissent pas dans le bon sens à la crise ce qui rajoute au problème. Améliorer la qualité de ceux qui souffrent (BPCO)

chest tightness in COPD ans Asthma. Neck tensed

correlation between asthma and altered posture (voir la publication)

Poor posture increases the difficulty (of breathing experienced by COPD people)

When you have COPD, your body is already working harder than normal to get enough oxygen – poor posture amplifies this.

BPCO (Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive)

Les personnes atteintes de BPCO ont en comparaison avec les personnes non atteintes un moins bonne équilibre statique et fonctionnel [3], ont les omoplates plus élevées, les assymetries entre la droite et la gauche sont plus prononcées [4], le bassin signifativement plus antéversé, une cyphose plus accentuée, et le bassin plus élévé d'un côté que de l'autre [5]. Selon une autre étude [6], les personnes atteintes de BPCO ont une mobilité du cou et de la cage thoracique réduite, une sensibilité musculaire accrue (triggerpoints). La dégradation du fonctionnement respiratoire est corrélée avec une diminution de la liberté en rotation axiale de la cage thoracique ainsi qu'avec une tendance emmener la tête vers l'avant (l'angle entre C7-tragus et la verticale augmente). On observe également une augmentation de l'activité des muscles accessoires de la respiration chez les personnes atteintes de COPD.

Par ailleurs une autre étude [7] fait état d'un diminution de l'équilibre statique et fonctionnel pour les personnes atteintes de la BPCO.

Rechercher des article qui parlent de neckpain et COPD

Asthme

Chez les personnes souffrant d'asthme, l'amplitude de l'antéversion su bassin et de la lordose lombaire est corrélée avec les mesures du fonctionnement respiratoire[9] (PEF, MIP, MEP, capacité pulmonaire)

Une autre étude montre que chez les personnes souffrant d'asthme, l'équilibre (la stabilité) se dégrade lorsque la capacité respiratoire diminue [10].

Deux études [11] [12] examinant la structure musculo-squelettique d'enfants et d'adultes souffrant d'asthme constate que l'expansion thoracique diminuée par rapport au groupe de contrôle. Elle constate également un déplacement de la tête vers l'avant par rapport au tronc, et des épaules vers l'avant et vers le haut ainsi qu'une rotation interne, un semi-fléchissement de bras au niveau du coude en position de repos et un raccourcissement du dos et de l'arrière des jambes. Ces distorsions s'accompagnent de douleurs au cou , aux épaules et dans le dos dans la région thoracolombaire.

Respiration et douleurs (cervicalgies, lombalgies) et distortions posturale

Plusieurs études on montré que les personnes souffrant de cervicalgies chroniques ont une faiblesse respiratoire. Dans l'une de ces études [2], Patients with chronic neck pain had a significant 13.8% and 15.4% reduction in their MIP and MEP respectively.

Une autre étude [8] met en évidence que la capacité respiratoire est inversement proportionnelle à l'intensité de la douleurs et à la mesure de l'invalidité chez les personnes souffrant de lombalgies.

Par ailleurs, il a été observé [13] que les personnes souffrant de cervicalgies non traumatiques avaient plus leur tête plus en avant par rapport à leur tronc comparé aux personnes n'ayant pas de maux de cou.

Deux autres autres études[ 14] [15] montrent que les personnes qui amène leur tête à l'avant par rapport à leur tronc ont une capacité respiratoire diminuée.

Il semble donc que la réaction de la personnes souffrant d'asthme ou de BPCO pour essayer de respirer génère sans le savoir des distortions qui diminuent sa capacité à respirer et donc renforce ses troubles. A la lumière de ces résultat s il semble donc que ces ditorsions d'usage sont le résultat d'une adaptation instinctive inappropriée face au des difficultés respiratoires qui se transforme en habitude. Inappropriée car selon les études précédente la réaction adaptative face à ses difficultés respiratoire faite par la personne pouvoir respirer est précisément celle qui diminuer sa capacité respiratoire (en effet chez les personnes n'ayant ni asthme ni BPCO, les distorsion posturales qui ressemblent à celles mis en place par les asthmatiques ou les personnes atteintes de BPCO sont associée à une chute de la capacité respiratoire. Cette adaptation instinctive est une amplification de l'usage que la personne faisait d'elle-même avant de se trouver confronté à des difficultés respiratoire . Cette adaptation inappropriée peu être prévenue par la gouverne mentales à condition de s'investir pour apprendre à en connaître le mécanisme ainsi qu'à adopter un nouveau modèle plus naturel capable de le remplacer. Ces distorsions de l'usage de soi ne sont pas des conséquences inéluctable des maladies ou des difficultés respiratoires. La technique Alexander aide la personne à promouvoir des conditions d'usage d'elle-même différentes de celle qu'elle fait instinctivement afin d'améliorer sa capacité respiratoire.

Témoignage d'une personne souffrant de la BPCO (Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive)

"J'ai 66 ans. Je souffre d'une maladie respiratoire, la BPCO au stade IV, sous oxygénothérapie 24h/24. J'ai donc voulu tenter l’expérience de la méthode Alexander qui m'a appris à prendre conscience que je marchais le dos voûté, la tête dans les épaules et que mes problèmes respiratoires n'en étaient que plus amplifiés. Avec la Technique Alexander, j'ai travaillé à partir de la position assise et dans la marche, de nombreuses procédures me permettant de respirer plus naturellement. En apprenant la méthode, on réapprend à rétablir un équilibre vital. Durant trois mois, jour après jours, j'ai constaté de très bon résultats dans ma manière de me tenir soit assise, soit dans la marche, avec une vraie prise de conscience de ma respiration et de ma posture. J'ai déjà constaté des progrès assez rapides pour retrouver ma verticalité pour continuer à bien respirer et mieux marcher."

1. Enhanced respiratory muscular function in normal adults after lessons in proprioceptive musculoskeletal education without exercises, J H Austin and P Ausubel, Chest. 1992 Aug;102(2):486-490.

2 .Respiratory weakness in patients with chronic neck pain, Z Dimitriadis, E Kapreli, N Strimpakos, J Oldham, Manual Therapy 18 (2013), 248-253

3. Static and Functional Balance in Individuals With COPD: Comparison With Healthy Controls and Differences According to Sex and Disease Severity, RESPIRATORY CARE • NOVEMBER 2016 VOL 61 NO 11

4. Orientation and position of the scapula, head and kyphosis thoracic in male patients with COPD.2009

5. Postural assessment in patients with chronic obstructive pulmonary disease 2011

6. Musculoskeletal dysfunction in chronic obstructive pulmonary disease(COPD): An observational study, 2016.

7 . Static and Functional Balance in Individuals With COPD: Comparison With Healthy Controls and Differences According to Sex and Disease Severity)

8. Baruaa A, Pattnaik M, Mohanty P. Comparison of Lung Function of normal and persons with chronic low back pain and its relation with duration and severity of Chronic Low Back Pain. J Nov Physiother Rehabil. 2017; 1: 137-143. https://doi.org/10.29328/journal.jnpr.1001015

9. Correlation between pulmonary function, posture, and body composition in patients with asthma, 2013, V.P. Almeidaa, F.S. Guimarãesa, V.J.R. Moc¸oa, , S.L.S. Menezesa, T.T. Mafortb,A.J. Lopesa,c,

10. Is there an association between postural balance and pulmonary function in adults with asthma? 2013 Vívian Pinto de Almeida,I Fernando Silva Guimarães,I Vanessa Joaquim Ribeiro Moço,I Arthur de Sá Ferreira,I Sara Lucia Silveira de Menezes,I and Agnaldo José LopesI,,II

11 . Assessment of muscle shortening and static posture in children with persistent asthma Erica A. Lopes & Adriana Fanelli-Galvani & Camilla C. V. Prisco & Raquel C. Gonçalves & Cristina M. A. Jacob & Anna L. B. Cabral &Milton A. Martins & Celso R. F. Carvalho 2007

12. Musculoskeletal Dysfunction and Pain in Adults with Asthma,ADRIANA CLAUDIA LUNARDI, P.T., PH.D.,1 CIBELE CRISTINE BERTO MARQUES DA SILVA, P.T., M.SC.,1FELIPE AUGUSTO RODRIGUES MENDES, P.T., M.SC.,1 AMELIA PASQUAL MARQUES, P.T., PH.D., RAFAEL STELMACH, M.D., PH.D.,2 AND CELSO RICARDO FERNANDES CARVALHO, P.T., PH.D.1, 2010

13. Head Posture and Neck Pain of Chronic Nontraumatic Origin : A Comparison Between Patients and Pain-Free Persons, Anabela G. Silva, MSc, T. David Punt, PhD, Paul Sharples, MSc, João P. Vilas-Boas, PhD, Mark I. Johnson, PhD, 2009

14. Effects of forward head posture on forced vital capacity and respiratory muscles activity Jintae Han, PT, PhD1), Soojin Park, PT, PhD1)*, Youngju Kim2), Yeonsung Choi1), Hyeonnam Lyu1) 2016

15. Effect of Different Head-Neck Postures on the Respiratory Function in Healthy Males Hamayun Zafar,1 Ali Albarrati,2 Ahmad H. Alghadir,1 and Zaheen A. Iqbal