Seniors

Apprendre à faire un bon usage de soi

La Technique Alexander est d'une aide précieuse à tout âge. Si vous êtes curieux.se d'apprendre à faire un bon usage de vous-mêmes, cette méthode est probablement faite pour vous. La Technique Alexander permet aux seniors d'avoir une meilleure attitude posturale afin :

  • de réduire la compression sur l'ensemble du corps et ainsi de prévenir les troubles musculo-squelettiques ( maux de dos, de cou, d'épaule, de genou etc. , les troubles articulaires voir la page associée en cliquant ici), et de faciliter le fonctionnement des organes,
  • de faciliter les déplacements, d'augmenter la puissance et l'amplitude dans les mouvements du quotidien (marche, monter des escaliers, etc.),
  • de restaurer à la fois plus de stabilité et de flexibilité et ainsi de diminuer le risque de chute ou la peur de tomber qui augmente avec l'âge,
  • de se rétablir plus rapidement après une opération, un accident, un problème de santé,
  • de ne pas aggraver l'effet d'une maladie par un usage de soi inapproprié (maladie de Parkinson, etc.).

Tout ces éléments contribuent à favoriser la santé, l'autonomie et à réduire l'anxiété.

Des études exploratoires tendent à confirmer une amélioration de la stabilité, de l'équilibre pour les personnes âgées avec la Technique Alexander. Elles sont résumées ci-dessous (3ème section).

La Technique Alexander est utile pour les seniors

Walter Carrington, professeur de Technique Alexander formé par F. M. Alexander souligne l'utilité de la Technique Alexander pour les personnes les plus âgées dans un entretien retranscrit dans le livre Thinking Aloud (Pensées à voix haute) [1] : « Je me souviens de ce qui fut probablement le dernier cours de F. M. Alexander. C'était avec une femme âgée qui avait été son élève depuis quelques années. Elle avait dû avoir un nombre important de cours, avec quelques arrêts, et elle était très âgée. Bien sûr, F. M. Alexander l'était aussi à ce moment-là, il avait presque 87 ans. Les gens trouvent que la vie devient plus difficile sous bien des aspects lorsqu'ils vieillissent et de manière inattendue . Ils n'avaient jamais pensé qu'ils trouveraient un jour difficile de monter des marches et de porter des choses ou même d'aller chercher quelque chose en hauteur sur une étagère. Les activités physiques qui allaient de soi deviennent plus difficiles lorsque l'on vieillit et c'est à ce moment-là que l'aide de la Technique Alexander est particulièrement bienvenue. En fait, le grand âge est le moment où la compétence que l'on a acquise avec la Technique Alexander peut être vraiment testée. Et donc cette dame âgée finissait son cours avec F. M. Alexander et ce dernier finit en lui tapotant l'épaule et en lui disant : "Et maintenant, ma chère, veillez à ne point raidir votre cou, et à toujours avoir des projets." »

Walter Carrington [2] raconte également que lorsqu'il était étudiant en formation pour devenir professeur de Technique Alexander à Ashley Place à Londres, F. M. Alexander recevait des élèves en cours particuliers dans une pièce à part. Il y avait une salle d'attente pour ses élèves. Un jour, il dit à ses étudiants en formation qui travaillaient dans une autre pièce que sa meilleure élève venait d'arriver en salle d'attente. Les étudiants allèrent voir discrètement qui était cette personne. Mais ils revinrent tous déçus. Il n'y avait personne dans la salle d'attente excepté une dame âgée "toute tordue". F. M. Alexander dit alors que cette dame était bien sa meilleure élève. Il ne se référait pas à sa forme mais à sa capacité à inhiber et à diriger, pour faire le meilleur usage possible d'elle-même.

Mr A. 70 ans souffrant d'arthrose de la colonne vertébrale

En 1941, le Dr Millard Smith de Boston adressait une lettre à A. R. Alexander, le frère de F. M. qui enseignait également la Technique Alexander à New York. Cette lettre décrivait les bénéfices apportés par les cours de Technique Alexander à un de ses patients (Mr A. récemment décédé à 81 ans) pendant les 8 dernières années de sa vie. En voici un extrait tiré de The Universal Constant in Living [3], le quatrième et dernier livre de F. M. Alexander. « Lorsque je vis Mr A. en 1931, un peu avant qu'il devienne votre élève, il souffrait d'un arthrose hypertrophique de la colonne vertébrale très handicapant. Bien que je pense généralement que les articulations touchées par l'arthrose doivent être mobilisées, je demeurai toutefois réticent par rapport à une mobilisation des articulations en voyant le degré d'altération hypertrophique de la colonne sur les radios. L'évolution habituelle d'une telle situation est en général une invalidité croissante. Un certain confort peut être apporté par des dispositifs orthopédiques mais cela engendre plus de fixité. Il n'y a aucun doute que cette personne était arrivé à un tournant décisif de sa vie du point de vue de ses activités physiques. Je suis sûr qu'aucune procédure médicale n'aurait pu mener à la réhabilitation remarquable qui s'est progressivement effectuée depuis 7 ou 8 ans [grâce aux cours de Technique Alexander]. Son bien-être et son envie de vivre se sont graduellement accrus particulièrement pendant les 2 dernières années où il a eu les fardeaux les plus lourds de sa vie à porter. Du point de vue médical, il a vraiment montré une inversion du processus de vieillissement et sa performance a été tout à fait contraire à ce qu'on aurait prédit 9 ans auparavant. Sa pression artérielle a baissé et les symptômes d'angine de poitrine qu'il avait 9 ans avant ont disparu. Des radios de sa colonne prises périodiquement ont montré une légère diminution plutôt qu'un accroissement du processus hypertrophique comme on l'attendait. Depuis 2 ans, sa joie de vivre était telle qu'il s'était mis à prendre des cours réguliers de chant. Il était en capacité pour faire régulièrement son parcours de golf de 18 trous. A l'automne dernier, il patinait régulièrement 2 à 3 fois par semaine. Je sais de source sûre qu'il pratiquait des figures de patinage complexes et qu'il n'était surpassé que par que quelques grands amateurs...»

Par ailleurs, F. M. Alexander a utilisé sa propre technique pour se remettre d'un AVC (Accident Vasculaire Cérébrale) survenu en 1947 qui lui avait paralysé le côté gauche. Après son rétablissement, il a continué à donner des cours jusqu'à sa mort en 1955.

Etudes auprès de personnes âgées ( test d'équilibre, etc)

Une étude [4] publiée en 1999 dans Journal of Gerontology fait apparaître une amélioration de l'équilibre chez des personnes de plus 65 ans avec la Technique Alexander.

2 groupes de 6 et 7 personnes provenant d'une résidence pour seniors et d'un centre éducatif pour senior ont suivi un stage d'introduction à la Technique Alexander de 4 semaines : 2 cours collectifs d'une heure par semaine. Un troisième groupe de 6 personnes a servi de groupe de contrôle

Chaque personne a passé un test d'équilibre avant et après intervention. Le test choisi était le test d'atteinte (functional reach test) où l'on mesure la distance atteinte par la personne avec sa main lorsqu'elle se penche vers l'avant avec le bras tendu. Bien que le nombre de cours n'ait pas été élevé, les tests permettent de mettre en évidence un début d'amélioration de l'équilibre des personnes.

Test d'atteinte (Functional reach test)

Dans une autre étude [5] publiée en 2015 dans le Journal Clinical Rehabilitation, l'instabilité posturale (Postural sway test) a été significativement diminuée chez des personnes de plus de 50 ans ayant des déficiences visuelles (groupe de 60 personnes) juste après un stage d'introduction de 12 cours individuels hebdomadaires de 30 minutes par rapport au groupe de contrôle.

Une troisième étude exploratoire [6] de 2018 publiée dans European Journal of Integrative Medicine a montré qu'un stage d'initiation de Technique Alexander en groupe pouvait apporter certains bénéfices à des personnes âgées ayant peur de chuter. 12 personnes de plus de 65 ans ont suivi 2 ateliers de groupe de 1h30 par semaine pendant 3 semaines, puis un atelier par semaine pendant 6 semaines. Bien que les tests quantitatifs n'aient pas donné de résultats significatifs, les participants ont toutefois commencé à apprendre à s'arrêter avant d'effectuer une activité qu'ils appréhendent et à repenser des directions dans leur corps afin d'optimiser leur usage d'eux-mêmes dans l'activité. Les participants rapportent les bénéfices suivants :

  • Plus confiance, moins de stress pour effectuer certaines activités (monter des escaliers, descendre du bus, etc),
  • Plus de conscience de ce qu'il sont entrain de faire, plus de capacité à prendre le temps pour faire les choses,
  • Une meilleure acceptation de leurs limites.

Maladie de Parkinson

La Technique Alexander aide les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. La fondation britannique Parkinson's UK déclare que "La seule thérapie complémentaire recommandée par l'institut national britannique pour la santé (NICE) est la Technique Alexander afin d'aider les personnes atteintes de la maladie de Parkinson dans leurs mouvements quotidiens". Parkinson's UK est la fondation qui finance le plus la recherche pour la maladie de Parkinson au Royaume-Uni. De plus, elle soutient les personnes souffrant de la maladie de Parkinson et les aidants.

Ces recommandations se basent notamment sur les résultats d'une étude (7) publiée en 2002 attestant des bénéfices de la Technique Alexander pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Pour plus d'informations voir la page de ce site consacrée à la maladie de Parkinson en cliquant sur le lien ci-dessous :

Ostéo-arthrose du genou

Une étude [7] sur les bénéfices apportés par la Technique Alexander aux personnes souffrant d'arthrose du genou a été effectuée. Plus de détails sur cette études à la page "Troubles Musculo-Squelettiques" de ce site :

(1) Thinking Aloud: Talks on Teaching the Alexander Technique, Walter Carrington, Mornum Time Pr, 1994.

(2) Body, Breath and Being, 2nd Edition: A new approach to the Alexander Technique, Carolyn Nicholls, D&B Publishing , 2014.

(3) The Universal Constant in Living, F. M. Alexander, Mouritz, 2000.

(3) Dennis RJ. Functional reach improvement in normal older women after Alexander Technique instruction. J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 1999 Jan;54(1):M8-11.

(4) Gleeson M, Sherrington C, Lo S, Keay L. Can the Alexander Technique improve balance and mobility in older adults with visual impairments? A randomized controlled trial. Clin Rehabil. 2015 Mar;29(3):244-60. doi: 10.1177/0269215514542636.

(5) Glover L, Kinsey D, Clappison JD, Gardiner E & Jomeen J . “I never thought I could do that…”: Findings from an Alexander Technique pilot group for older people with a fear of falling. European Journal of Integrative Medicine. Volume 17, January 2018, Pages 79-85. DOI: 10.1016/j.eujim.2017.11.008 .

(6) Stallibrass C, Sissons P, Chalmers. Randomised controlled trial of the Alexander Technique for idiopathic Parkinson's disease, Clinical Rehabilitation, 2002, 16: 685-708.

(7) Preece SJ, Jones RK, Brown CA, Cacciatore TW, Jones AK. Reductions in co-contraction following neuromuscular re-education in people with knee osteoarthritis. BMC Musculoskelet Disord. 2016 Aug 27;17(1):372. doi: 10.1186/s12891-016-1209-2.