Qu'est-ce que "l'usage de soi"? 

L'usage de soi est la manière dont notre organisme se coordonne dans toute activité.

Lorsque nous avons à utiliser un outil (tournevis, clavier d'ordinateur ou autre) pour accomplir une tâche, nous savons qu'il est préférable d'utiliser celui-ci d'une certaine manière sinon le résultat obtenu ne sera pas celui escompté ; de plus l'outil lui-même risque d'être endommagé. Le même raisonnement peut être tenu à propos de notre propre organisme lorsqu'il doit accomplir des fonctions involontaires (respiration, circulation, digestion, etc) ou des activités volontaires (nos mouvements, nos pensées, notre voix, notre vision ,etc).

Il existe bien une coordination optimale des différentes parties de nous-mêmes les unes par rapport aux autres. Mais des habitudes inappropriées, des conceptions incorrectes de nous-mêmes parfois ancrées dès le plus jeune âge interfèrent subconsciemment avec cette utilisation optimale. 

Partant de ce constat, la méthode ne consiste pas à prendre le contrôle de sa propre coordination (se tenir bien "droit" ne résout pas le problème parce que l'on tient encore plus) mais à neutraliser consciemment ce que nous faisons en trop en rééduquant la perception de soi pour laisser la voie libre aux réflexes de coordination naturelle et leur permettre d'opérer sans interférences. 


Conséquences d'un usage inadéquat

Si notre usage est incorrect: 
  • nos fonctions vitales sont accomplies avec une organisation musculaire globale inadéquate : les organes (coeur, poumons, estomac, intestins) sont comprimés en permanence ce qui gène leur fonctionnement (moins d'oxygène capturé par les poumons à chaque inspiration par exemple).  
  • Toutes les activités sont effectués en utilisant une coordination qui ne respecte pas le fonctionnement naturel. Ceci occasionne des troubles chroniques (maux de dos, de tête, troubles musculosquelettiques, troubles respiratoires, etc).
  •  Nous sommes moins efficaces. Plus d'énergie doit être dépensée, ce qui crée de la fatigue ; des schémas compensatoires sont mis en oeuvre afin de continuer à fonctionner (le mouvement des côtes étant inconsciemment bloqué nous respirons en sortant le ventre ou en haussant les épaules par exemple). La même chose se produit dans toutes nos activités volontaires. Nous marchons en bloquant les genoux, nous parlons en serrant la gorge, nous réfléchissons à un problème en creusant le dos avec des conséquences plus ou moins graves.
  • Le physique et le mental étant intimement liés, les troubles physiques s'accompagnent souvent de troubles psychiques comme l'anxiété, la dépression, des troubles de l'attention et du sommeil. Nous sommes plus sensibles aux situations stressantes, au changement, nous avons moins de recul pour résoudre des problèmes. 
  •  Le niveau de la performance pour les artistes ou les sportifs par exemple est aussi inévitablement affecté. Le résultat attendu ne peut parfois être atteint. Ceci occasionne de la frustration. On redouble alors d'efforts pour atteindre l'objectif avec le même usage inadéquat ce qui conduit encore à l'échec et attise le manque de confiance en soi.


Améliorer son propre usage

La Technique Alexander donne la possibilité d'encourager un meilleur usage de soi A CHAQUE INSTANT. Toutes les activités sans exception sont donc concernées. Lorsque l'usage s'améliore, les troubles occasionnés précédemment par un usage inapproprié tendent à s'estomper, l'efficacité augmente : cela renforce l'estime de soi. Les conditions sont présentes pour que le potentiel de chacun se réalise.